Découverte exceptionnelle d'un requin pétrifié dans le Jurassique moyen de La Voulte sur Rhône
Ce mercredi 5 mai 2010, Marc Bolomey, Conseiller général, maire de La Voulte sur Rhône, et jean Paul Manifacier, Vice Président du Conseil général délégué à l'environnement, dévoilent, en présence de Bernard Riou, le découvreur, le "dernier-né" des fossiles mis à jour sur le domaine départemental de La Boissine: un requin conservé en trois dimensions de plus de 80 cm de long et daté de 165 millions d'années (Jurassique moyen).
Une découverte paléontologique majeure pour le site de la Boissine
Le site paléontologique de La Boissine, situé sur la commune de La Voulte sur Rhône et Rompon, est aujourd'hui reconnu par la communauté scientifique comme un lieu unique au niveau mondial pour la qualité de conservation des fossiles marins datés du Jurassique. On y retrouve à l'état fossile des animaux tout à fait inhabituels qui sont pour certain très peu familiers car vivant actuellement dans les abysses, tels les calmars vampires, les pantopodes,certains crustacés...
Dernier-né de ces habitants de l'Ardèche au temps jurassique : le requin mis à jour et préparé par Bernard Riou, paléontologue voultain et agent du Conseil Général de l'Ardèche.
Cette découverte effectuée il ya de nombreuses années plus exactement en novembre 1981 suite à un important glissement de terrain Bernard Riou remarque une concrétion très importante qui à l'aspect d'un énorme croissant. C'est avec beaucoup de précaution qu'il réussira a extraire ce nodule et une partie de la roche qui l'emprisonne.
La découverte de fossiles dans le site paléontologique de La Voulte sur Rhône est très particulière, le gisement est surtout réputé depuis le XIX ème siècle pour les fossiles conservés dans les nodules. L'extraction de spécimens dans la guangue d'origine est beaucoup plus délicat car elle est essentiellement constituée de marnes argileuses. Cette roche se désagrège très vite sous l'action des agents climatiques.
Au final, il s’agit véritablement d’un spécimen exceptionnel. D’abord par sa taille, plus de 80 cm de longueur, mais aussi, et surtout, par son état de conservation. On peut en effet observer les parties molles : les yeux et les plis de la peau constituée en très fines écailles. Un phénomène rarissime sur les fossiles de poissons cartilagineux comme le requin dont on retrouve plus communément les dents.
Le Dr Jan Rees du département biologie de l’Université de Karlstad en Suède, spécialiste des requins fossiles du Jurassique, qui a examiné le spécimen, affirme que la conservation est remarquable. Ce spécimen vient compléter la communauté faunique du Jurassique de La-Voulte-sur-Rhône. Il vivait principalement au pied d’un escarpement sous-marin dans une zone de faille géologique.
La Boissine : un lieu unique pour la qualité de conservation des fossiles marins
Le site est aujourd’hui reconnu au niveau mondial tant pour la qualité de conservation des fossiles marins qu’en raison du paléo-milieu, une zone marine profonde d’au moins 500 m. Ainsi, on y retrouve à l’état fossile des animaux tels que les calmars vampires, pycnogonides de grandes tailles (sortes d’araignées marines), coelacanthes… Des phénomènes hydrothermaux dont l’importance est encore inconnue, semblent avoir joué un rôle majeur dans la présence de ces communautés marines.Ces phénomènes pourraient aussi expliquer la présence de ce véritable cimetière marin ainsi que l’extraordinaire conservation des fossiles.
Bernard Riou, à l’origine de ces découvertes
Bernard Riou à l’origine de cette découverte, a extrait près d’une dizaine de requins fossiles en plus de 30 ans de travail sur ce gisement. Dans les années 1970, il avait révélé les richesses paléontologiques insoupçonnées du site en dégageant des fossiles difficiles à observer au premier abord. Après l’acquisition de La Boissine par le Conseil général de l’Ardèche il est devenu agent du Conseil général de l’Ardèche.
La Boissine, classé Espace naturel sensible
Situé sur les territoires de la commune de La-Voulte-sur-Rhône et de la commune de Rompon, le site
fossilifère de La Boissine correspond à une ancienne exploitation minière de fer. Les premiers fossiles ont été découverts en extrayant le minerai au cours du 19e siècle. A la fermeture des mines en 1898, le gisement est tombé dans l’oubli. Le Conseil général de l’Ardèche a acquis, en 2005, au titre des Espaces naturels sensibles (ENS) ce site dans l’objectif de protéger cet espace exceptionnel, d’améliorer sa connaissance scientifique et de l’ouvrir de façon maîtrisée au public, en collaboration avec la commune de La-Voulte-sur-Rhône.
Les aménagements prévus sur le site
Après la mise en sécurité du site, une deuxième phase, dont l’objectif est de permettre l’ouverture maîtrisée du site au public et aux scientifiques, va démarrer.
Elle comprend :
- la rénovation de l’ancienne maison d’habitation pour permettre d’engager de nouvelles fouilles scientifiques visant à améliorer la connaissance du site et à constituer une collection de fossiles, qui seront propriété du Conseil général
- la création d’un sentier de découvertes afin d’offrir aux visiteurs la possibilité de découvrir le site de manière encadrée
- la rénovation des deux hangars agricoles qui permettra de proposer des animations aux scolaires pour faire découvrir ce patrimoine géologique et naturel unique en particulier dans le cadre du programme scolaire des sciences de la vie et de la terre
- la mise en place d’une gestion adaptée de l’ancienne exploitation agricole et de l’ancienne mine de fer basée notamment sur les résultats des études naturalistes et patrimoniales conduites au cours de l’année 2009.
Les Espaces naturels sensibles : des territoires à préserver, à animer
Le site Départemental de La Boissine est l’un des neufs Espaces naturels sensibles (ENS) que compte le
département. Terre de contrastes, l’Ardèche – de par la variété de ses paysages et de ses climats – abrite une grande biodiversité naturelle.
Sur ces sites, choisis à partir de plusieurs critères (représentativité de la diversité écologique et paysagère
ardéchoise ; richesse naturelle et paysagère ; sensibilité -croisement de la richesse et des menacespotentielles- ; potentiel de valorisation - intérêt pédagogique, accessibilité, fréquentation), le Conseil général de l’Ardèche soutient les initiatives permettant la sensibilisation l’observation et la compréhension de la nature. Neuf d’entre eux sont plus particulièrement concernés par une valorisation, notamment au travers des « Visites sensibles » organisées depuis 3 ans.
Haute vallée de la Cance et de l’Ay
Massifs calcaires de Crussol et Soyons
Gisement fossilifère de la Boissine
Massif Gerbier – Mézenc et plateau des Sucs
Serres boutiérotes et vallées de la Glueyre, de l’Orsanne et de l’Auzène
Gorges de la Borne et massif du Tanargue
Tourbières du plateau de Montselgues et vallées de la Thines et de la Drobie
Gorges du Chassezac et bois de Païolive et d’Abeau
Gorges de l’Ardèche et Pont d’Arc.
C’est parce que la préservation des espaces naturels passe inévitablement par une prise de conscience des populations locales et des visiteurs des richesses naturelles de notre département, que le Conseil général a, depuis 2008, souhaité que la découverte de ces sites puisse se faire au travers de projets portés par des acteurs locaux, passionnés de leur patrimoine. Le 3e appel à projet lancé pour l’année 2010 a conduit à la labellisation d’évènements ou de prestations, permettant la découverte, la compréhension, la prise en compte du patrimoine naturel ardéchois (faune, flore, géologie, paléontologie). Des événements qui doivent également renforcer l’image éco-tourisme de l’Ardèche.
Plus d’une cinquantaine de rendez-vous sont proposés au public, du 1er mai au 24 octobre.
Les dépliants d’information seront disponibles début mai dans les offices de tourisme et syndicats d’initiatives et également téléchargeables sur www.ardeche.fr

