Volcans d'Ardèche
Le Mont Gerbier de Jonc
C'est le mont le plus connu et le plus caractéristique des sites phonolithiques. La Loire prend sa source à ses pieds ; plusieurs sources sont même susceptibles d'être la vraie source de la Loire... En effet, les eaux souterraines confrontées à l'imperméabilité des roches volcaniques, ont tendance à ressortir par diverses fissures.
Le Mont Gerbier de Jonc, particulièrement impressionnant, atteint 1551 mètres d'altitude. Compter environ 3/4 h A/R pour l'ascension (attention rude montée)
Il est daté de près de 8 millions d'années et correspond à un volcan issu de laves très visqueuses.
Contrairement à ce que l'on pourrait croire, le Gerbier de Jonc ne doit pas son nom à une ressemblance avec une meule de foin située dans une région recouverte par des joncs.... Il le doit à une étymomogie dans laquelle le mot "gerbier" correspond à "Gar", qui signifie rocher et le mot "jonc" à "jugum", signifiant montagne.
Les Sucs du Mézenc
Des volcans en "pain de sucre"
D'après les datations des basaltes, le volcanisme ardéchois a véritablement débuté à la période miocène (fin de l'ère tertiaire), il y a près de 12 millions d'années. On pense que les premières éruptions ont eu lieu à l'emplacement actuel du Mézenc, mais les premiers cratères ne sont plus visibles aujourd'hui car ils ont été totalement érodés.
Le Pays des Sucs
Les sucs sont des volcans éteints qui ont la forme de pitons ou de dômes. On parle dans ce cas de volcanisme "peléen" (du nom de la montagne Pelée, en Martinique) ; les laves visqueuses et très épaisses figent très rapidement en arrivant en surface et donnent en refroidissant les formes caractéristiques que l'on observe aujourd'hui. Ils caractérisent le paysage de la montagne ardéchoise et constituent un ensemble de formations volcaniques uniques, paysage de rêve pour le volcanologue.
Très différents des volcans à cratères d'explosion de l'Auvergne, ces pointes volcaniques présentent un état de conservation tout à fait remarquable. Leur présence est liée au soulèvement alpin. En effet, le contrecoup de la formation des Alpes a entraîné une importante élévation de cette zone du Massif Central dont le socle granitique s'est fracturé. Le magma s'est alors infiltré par les fractures provoquant une série d'éruptions volcaniques.
Les laves émises, le plus souvent de consistance très visqueuse, ont formé ainsi de véritables dômes que l'on nomme "sucs phonolithiques".
Les deux sites volcaniques les plus connus de la montagne ardéchoise sont sans nul doute
Le volcanisme du Coiron
Le Massif du Coiron correspond aujourd'hui à un plateau basaltique qui s'étend entre Privas, Villeneuve de Berg et Rochemaure. Son plus haut point, la montagne de Blandine, culmine à 1 017 mètres et son altitude moyenne se situe à environ 700 mètres.

Dans cette partie centrale du département de l'Ardèche, au Miocène supérieur (entre 6 et 8 millions d'années), existait une vallée importante, probablement la "vallée fossile de la rivière Ardèche". Durant toute cette période, cette zone a connu une intense activité volcanique. En phase terminale, une grande partie de la vallée a été comblée par d'abondantes coulées de laves.
Au Quaternaire, la fonte des glaciers et la surélévation tectonique de la région ont provoqué le creusement d'importantes vallées dans le substratum sédimentaire jurassique et crétacé sur tout le pourtour des coulées basaltiques et en bordure de la Vallée du Rhône.
Ainsi cette importante érosion a entraîné une totale inversion du relief. Les fonds des vallées d'il y a près de 8 millions d'années, constituent aujoud'hui un plateau basaltique qui vu d'avion présente une découpe dite en "feuille de chêne" et les sommets calcaires d'alors n'existent plus car ils ont été totalement érodés et ont laissé la place aux vallées actuelles.
Les différents sites
Les Balmes de Montbrun

Itinéraire : Quitter Villeneuve-de-Berg par la N102, en direction de Viviers ; à St Jean le Centenier, prendre à gauche la D7 ; à environ 6 km sur le plateau, s'embranche à droite la route d'accès aux balmes. Prévoir environ 3/4 h de marche A/R
Ce sont des grottes troglodytiques creusées dans un ancien cratère volcanique, habitées sans doute depuis le Moyen-âge jusqu'à la fin du XIXème siècle par des hommes qui avaient creusé des habitations dans les scories volcaniques.
C'est Faujas de Saint Fond, ingénieur des mines et reponsable de la chaire de Géologie du Muséum de Paris qui attira le premier l'attention du monde scientifique en 1778 sur le Coiron. Il explora les grottes troglodytiques, indiqua leur habitation depuis "des temps très anciens" et il identifia même divers fragments de poteries antérieures au Moyen-Age. Les hommes avaient en fait profité de ce lieu retiré pour creuser des habitations dans les scories volcaniques. A noter que ce lieu fut aussi un refuge important lors des guerres de religion. Le Doctuer Francus donna, en 1882, une intéressante description de ces balmes.

Explication par Bernard Riou du volcanisme ardéchois à des élèves d'une école Primaire
Il raconta sa rencontre avec les derniers habitants des balmes, un ecclésiastique et une famille pauvre très agée avec une fille aveugle qui habitaient la partie la plus ensoleillée des grottes. Il reprit les écrits de Faujas de Saint Fond concernant la plus importante habitation encore entière "la Prison" qui était "jadis destinée à enfermer un assez grand nombre de prisonniers qu'on y tenait enchaînés à des anneaux" et dont il restait encore les vestiges à l'époque.

Le Goulet de la Soulière
Le Goulet de la Soulière résulte d'éruptions phréatomagmatiques. Ce type de volcanisme est consécutif à des contacts entre le magma très chaud et les nappes d'eau phréatiques. Lorsque le magma ascendant rencontre l'eau, se produit une vaporisation brutale et une explosion violente avec d'importantes projections de produits volcaniques. Se forme alors une dépression circulaire à fond plat souvent occupée par un lac, d'où le nom de "maar".

Le filon s'étend ici sur une centaine de mètres avec une largeur de 70 cm, sa forme courbe est caractéristique des "dykes" (filons de magma qui se sont introduits par les fissures des roches. Ils recoupent transversalement les roches existantes).
Le Neck de Sceautre
L'importante érosion quaternaire a dégagé des pitons basaltiques correspondant à d'anciennes cheminées volcaniques que l'on nomme necks ; cest ici le cas mais aussi à saint Vincent de Barrès, à la Roche-Chérie près de Saint Pons.

Le village de Sceautre groupe ses maisons au pied du neck dont l'ascension ne demande qu'une dizaine de minutes. Au sommet se dresse une vierge.


La coulée de Mirabel

Les volcans récents d'Ardèche
De nombreux sites volcaniques sont remarquables par leur état de préservation. Comme le précisaient E. BERGER et al. en 1975 "La jeunesse du volcanisme est attestée par la fraîcheur des formes volcaniques". D'après les travaux de E. BERGER et G. NAUD en 1992 "Les édifices volcaniques sont alignés selon des fractures majeures du socle cristallin,... la plupart de ces volcans sont de type strombolien (Bauzon, Jaujac, Montpezat...)... ou encore phréatomagmatique (la Vestide du Pal, le Ray-Pic, Issarlès, Chaudeyrolles...)".
Le volcanisme du haut bassin de l'Ardèche durant la période Quaternaire a été dominé par un volcanisme de type phréatomagmatique. En effet, l'eau de surface en pénétrant par des fissures du socle a rencontré le magma dont la température était supérieure à 1000° C, se sont alors produites d'énormes explosions comme par exemple à Bauzon, à la Vestide du Pal, au Pic de l'Etoile et à Aizac. de plus, certaines de ces formations, après une activité phréatomagmatique ont pu développer une activité strombolienne avec constutution d'un cône comme Montpezat, Thueyts,le souilhol, Jaujac.
Le Ray-Pic
C'est l'un des sites géologiques les plus connus du Département de l'Ardèche. Il se locali
se sur la commune de Péreyres à une trentaine de kilomètres au nord d'Aubenas en direction du Gerbier de Jonc. Ce lieu est classé monument historique en 1931. Il faut presque une demi-heure de marche pour atteindre le pied de la cascade au fond du ravin de la Bourges, rivière se jetant dans la rivière Ardèche à la hauteur de Pont de Labeaume.
La cascade de Ray-Pic emprunte le même passage que la coulée de lave qui s'étale sur près de 21 Km dans la vallée de la Bourges, de la Fontolière jusqu'à Pont de Labeaume. le centre du cratère phréatomagmatique se situe un peu avant cette chute au nord de la cascade dans le fond de la vallée de la Bourges.
La Coupe de Jaujac
Le terme "coupe" vient du grec signifiant cratère.
Le cône volcanique de Jaujac se localise à un kilomètre du village, il culmine à 501m, le diamètre à la base est de 700m, il présente un large cratère égueulé de plus de 300m de diamètre à fond plat. Il repose sur les dépôts sédimentaires du Carbonifère (Stéphanien, soit près de 300 millions d'années).
Il s'agit d'un volcan de structure simple type strombolien avec un cratère unique et une seule couléede près de 3.5 km.
